| PHILOSOPHIE
Nous faisons tous de la philosophie sans le savoir, comme monsieur Jourdain faisait de la prose … Pourtant il est utile de revenir sur certaines notions et certains concepts souvent mal définis, mal compris ou tout simplement méconnus ou ignorés. Par exemple : si l’on vous demande où se trouvent les enseignements de la philosophie ésotérique dans les programmes des universités françaises, que répondez-vous ? Rien, car ils n’existent pratiquement nul part !! Connaît-on dans notre pays (en dehors de quelque dizaines de spécialistes) les arcanes de la pensée magique ou encore de la philosophie occultiste ? Non. Ca fait peur ! Aborde-t-on officiellement devant un public éclairé les mystères de la métapsychique, ou des sciences de l’esprit ? Pas le moins du monde, ou alors si peu… Enseigne-t-on quelque part dans notre civilisation la Gnose en parallèle de la traditionnelle métaphysique ou de la philosophie religieuse ? Non plus ! Ces branches de la pensée humaine restent dans l’ombre depuis plusieurs siècles, pour des raisons diverses d’ailleurs, sur lesquelles il sera intéressant de revenir ultérieurement.
En attendant, voici deux articles sur le séminaire d’introduction à la philosophie hermétique que nous avons dispensé au 1er semestre 2006 aux adhérents du CDIM.
1er ARTICLE : introduction générale et plan du séminaire
2ème ARTICLE : introduction à la philosophie hermétique : 1ère partie : la philosophie telle qu’enseignée à l’université.
3ème Partie : Les différences et les convergences entre la pensées magique et la pensée rationnelle (à venir)
4ème ARTICLE sur la Théosophie et l’Antroposophie (à venir)
Cette première version de la présentation sur ce site, ne comprend pas les illustrations accompagnant le texte original (celles-ci seront ajoutée ultérieurement)
1er ARTICLE : SEMINAIRE PHILOSOPHIQUE (séance du 14 janvier 2006)<br /> PRESENTATION ET INFORMATION 1- Esprit et objectif du séminaire
Le but du présent séminaire est d’apporter un éclairage et un cadre à l’ensemble des concepts et des notions qui sont régulièrement abordés au CDIM. Depuis environ 30 ans notre association tente d’informer de manière régulière ses adhérents, sur les structures et l’évolution des arts et des sciences dites métapsychiques dans la société humaine. Le domaine est très vaste, puisqu’il porte aussi bien sur les sciences occultes traditionnelles (astrologie, alchimie, magie, ésotérisme, sciences psychiques, paraphysique, arts divinatoires, etc…) que sur les manifestations et phénomènes insolites rassemblés aujourd’hui sous le vocable de manifestations paranormales (télépathie, dédoublement, apparitions, revenants, transcommunication instrumentale, etc…) ou encore l’ufologie (étude du phénomène ovni). Des questions du type qu’est-ce l’astrologie et comment se pratique-t-elle, ou comment la radiesthésie permet-elle de détecter des sources d’eau, ou encore le magnétisme peut-il être utilisé comme méthode thérapeutique, sont en fait vieilles comme le monde. Les domaines abordés relèvent autant d’interrogations médicales, scientifiques, que religieuses ou métaphysiques. Comme Monsieur Jourdain on fait de la philosophie sans le savoir, mais on n’aborde pas, ou très peu, les questions de société, qui relèvent de la philosophie profane, bien que notre démarche s’intéresse aussi aux interrogations sur les civilisations disparues, l’origine de l’homme et l’anthropologie, le sens de l’histoire et le devenir de l’humanité. Il faut donc trouver à un moment donné un schéma commun à toutes ses disciplines, en se référant à La Tradition et à ses enseignements ou à son héritage, à la Gnose (connaissance des choses cachées) ou encore au symbolisme et à ses chemins initiatiques. Ce schéma commun constitue la philosophie hermétique autrement appelée philosophie occulte, parfois, philosophie sacrée, qui donne le sens général à cette quête de la recherche de la VERITE ULTIME, en recentrant le tout sur la véritable nature humaine et son rapport invisible avec le cosmos, permettant ainsi de relier entre eux des approches souvent très différentes et apparemment opposées. Aussi, je pense que le fait de proposer à nos auditeurs une vision synthétique des liens unissant l’homme au cosmos, et de l’homme intérieur à l’homme extérieur, leur permettra de mieux saisir (et peut-être de mieux maîtriser) les différents thèmes abordés lors de nos conférences. Il va sans dire, mais nous le redirons souvent, qu’une telle approche de la « REALITE» suppose l’acceptation d’un postulat fondamental : la croyance en une harmonie universelle (céleste) et en un principe créateur supérieur à l’homme, que les religieux et les croyants appellent Dieu. Les personnes athées, ou même agnostiques, (quelque soit par ailleurs leur valeur morale et intellectuelle) n’ont aucun intérêt particulier à s’intéresser à notre recherche. La démarche que j’ai choisie pour mener ce séminaire est avant tout intellectuelle et assez peu sensitive. Elle se veut autant que possible objective et non subjective : nous aurons donc à débattre, notamment, de questions de méthodologie, de méthodes, d’outils, d’objectifs ou de cibles et non seulement de notions telles que les ressentis, les impressions, ou le feeling, qui en raison de leur subjectivité ne peuvent être débattues, mais doivent être acceptées en l’état. On aura aussi à préciser des éléments de vocabulaire sur de nombreux points concernant certains usages, certaines croyances, ou certaines pratiques. Exemple : qu’est-ce que YOGA, que faut-il comprendre par la notion d’EVEIL SPIRITUEL, qui commence d’abord par une expansion de conscience, ou encore qu’est-ce que la géométrisation de l’espace, ou la visualisation mentale. Les mots sont-ils des idées ou ne font-il que traduire et exprimer certains concepts ? Quelles réalités les sensations, et les impressions recouvrent-elles, etc… 2- Plan du séminaire Bien que la plupart des concepts et notions développés ici sont classiques et connus depuis longtemps, la présentation est nouvelle et inédite (à ma connaissance en tout cas). Ce séminaire se présente sous forme d’un cours magistral de 1h30 environ, accompagné d’exemples pratiques et d’illustrations diverses, lorsque ce sera utile et possible. L’heure suivante sera consacrée à répondre à des questions relatives au sujet traité et éventuellement à des exercices d’application ou à des commentaires sur des exercices pratiqués « chez soi » à ma demande . Je ferai parfois appel à quelques références bibliographiques, mais elles resteront limitées.
Le plan des cours est le suivant (qui sera repris dans le calendrier ci-après) :
Une 2ème séance, (après celle d’aujourd’hui) abordera la Définition de la Philosophie Hermétique et ce qu’elle recouvre réellement. Elle expliquera ses différences avec la philosophie profane (celle qui est enseignée officiellement dans les classes de terminales et les universités, dont je rappellerai les grandes lignes)
Une 3ème séance précisera les différences mais aussi la complémentarité qu’il y a (selon moi) entre la philosophie rationaliste (ou pensée scientifique moderne) et la pensée magique, à la base de toute approche mystique ou symbolique de la réalité.
Une 4ème séance sera consacrée aux méthodes initiatiques de ce que j’appelle l’Ecole du Symbolisme : les différentes voies (celles des Rosicruciens, des Martinistes, des Franç-Maçons, et des autres).
Une 5ème séance examinera les autres voies de la recherche traditionnelle de la pratique de l’occultisme : l’Astrologie et ses différentes branches, la magie ordinaire et ses aspect dangereux et négatifs, la HMC (Haute Magie Cérémonielle), la méthode Alchimique, etc… L’ascèse religieuse et les approches spirituelles du Yoga .
Une 6ème séance en juin 2006, le dernier cours avant les vacances, sera consacré à une nouvelle synthèse de la constitution occulte de l’homme ainsi qu’aux questions relatives à ses pouvoirs cachés. On verra alors les méthodes modernes de la recherche parapsychologique dans ce domaine.
2ème ARTICLE SEMINAIRE PHILOSOPHIQUE (séance du 4 février 2006)
Introduction à la philosophie hermétique Rappels sur la philosophie profane du monde occidental
La philosophie occidentale traditionnelle, celle que l’on enseigne dans nos classes de terminales (ou de fin d’études secondaires), puis dans nos universités est généralement constituée des grands chapitres suivants :
- La philosophie Générale où l’on trouve l’ensemble des réflexions sur la nature humaine, son intelligence, son bien être dans ce monde, ses comportements individuels ou collectifs, ses désirs et ses frustrations, son origine, ou encore sur la question des fins dernières, et bien entendu les interrogations sur la pensée et l’acte de philosopher : qu’est-ce que philosopher ? etc. - La philosophie Morale et les questions d’éthique fondamentale, les grandes doctrines morales, etc. Cette partie de la philosophie a d’ailleurs beaucoup évolué depuis l’émergence dans nos sociétés des questions de bioéthique et l’apparition d’une science-technologie toute puissante permettant à la fois quelques miracles médicaux et électroniques et la construction d’armes de destruction massive. - La Psychologie et toutes ses branches modernes, comme la psychologie d’entreprise, la psychologie clinique et la psychophysiologie, la psychologie infantile, la psychologie animale, ou encore la psychologie des profondeurs. La psychanalyse fait partie de cette discipline, alors que la psychiatrie est une spécialité de la médecine (en France, il faut donc déjà être docteur en médecine pour faire officiellement de la psychiatrie). - La Métaphysique et toutes les questions relatives à Dieu, à l’invisible, aux croyances, à la religion, à la foi, et aux grandes doctrines religieuses, etc. D’une certaine manière la théologie (sciences des principes divins) et la théosophie (science de l’organisation du monde spirituel) font partie de cette discipline. - Les sciences politiques et géopolitiques : toutes les questions sur les idéologies et leurs dogmes, les systèmes et régimes politiques et l’organisation des classes sociales, les questions militaires aussi, etc. - Les sciences économiques et sociales, c’est-à-dire tout ce qui concerne les réflexions sur les principes qui sous-tendent les échanges entre les hommes, la production matérielle (ou culturelle) et l’organisation des sociétés, etc. Le marxisme est ici l’exemple le plus célèbre au cœur de la philosophie matérialiste moderne. Mais on retrouve bien sûr cette vision dans le cadre de la métaphysique (« La religion est l’opium du peuple » Lénine) et de la philosophie des sciences. - La philosophie des sciences et l’épistémologie, qui concerne toutes les réflexions sur la science : La logique et la connaissance scientifique, l’axiomatique, les mathématiques, les sciences physico-chimiques, l’astronomie, la géophysique et les sciences de la terre, la biologie et les sciences de la vie, l’anthropologie (sciences de l’homme) et les sciences humaines, etc.
A cela, il faut ajouter pour les futurs agrégés (en France uniquement) ou les docteurs en philosophie, l’étude d’auteurs anciens, généralement grecs ou latins (Socrate, Platon, Aristote, ou Epicure, par exemple) puis européens du début de l’ère chrétienne, jusqu’aux philosophes modernes comme Kant, Hegel, Nietzsche, ou encore Marx, Durkheim et Lévy Strauss (anthropologue) ou d’autres plus récents comme le professeur Georges Politzer.
Figure 1 : la philosophie grecque Les sages écoutant Athéna (Minerve en latin) déesse de la connaissance
Les philosophes anciens utilisaient plus volontiers la rhétorique (art de bien parler = attaché à la forme plus qu’au fond) que la dialectique (exposé logique des contradictions, thèse et antithèse) alors que les modernes (en particulier les marxistes) utilisent de préférence cette dernière forme d’expression. Ce qui caractérise la philosophie moderne, c’est justement l’exposé logique admettant la contradiction, le dualisme et l’opposition, et non le discours dogmatique des philosophies anciennes. Mais la philosophie moderne est essentiellement matérialiste, par opposition aux philosophies anciennes qui étaient généralement spiritualistes (bien sûr, il y a quelques exceptions célèbres notamment chez les philosophes grecs). Ces deux tendances se sont longtemps affrontées (en particulier au XVIIè et XVIIIè siècle) jusqu’à aujourd’hui avec une prédominance assez marquée des philosophes socialistes et marxistes depuis le milieu du XIXè. C’est pourquoi, avec l’ère industrielle dans laquelle nous sommes encore, c’est la philosophie matérialiste qui prévaut.
1- Différences majeures entre la philosophie profane et la philosophie hermétique.
La philosophie hermétique elle, est par essence spiritualiste et non dialectique. Elle descend en droite ligne des philosophies anciennes, à caractère dogmatique et ésotérique, et ne supporte la contradiction logique que dans l’espoir d’améliorer la connaissance du cherchant. Elle présuppose certains dogmes comme les mathématiciens présupposent certains postulats ou certains axiomes indémontrables. Et c’est en cela qu’elle est spiritualiste : elle accepte en effet l’existence d’un créateur et d’un univers spirituel préexistant à l’univers matériel dans lequel s’exerce notre conscience ordinaire (on dit souvent état de veille) ! Par opposition à la précédente elle est surtout opérative et individuelle, alors que la philosophie profane est plus discursive, spéculative et orientée vers une action plus collective (ou de groupe) qu’individuelle. On en a la preuve dans le cas de la philosophie sociale de l’Eglise Catholique par exemple, ou la théorie marxiste de la lutte des classes. Cette philosophie profane, s’intéresse plus en effet à la partie raisonnable et rationnelle de l’esprit humain (sauf pour la psychanalyse) qu’à sa partie secrète, cachée ou mystique. La philosophie profane est évolutive, alors que la philosophie hermétiste est fixiste et qu’elle se base sur une doctrine immuable de la
constitution humaine et des structures divines. La première recherche les ressorts intimes de l’homme et de sa relation à l’univers dans des mécanismes logiquement compréhensibles, alors que les hermétistes recherchent les voies secrètes d’une science perdue. Celle-ci ne pouvant être comprise que par quelques uns, alors que la philosophie profane est censées être accessible à tous (comme tout autre discipline). Cette dernière est surtout l’héritière de la philosophie grecque antique et imprégnée de la culture latine et des doctrines religieuses judéo-chrétiennes, alors que l’hermétisme est autant l’héritier des philosophies et religions orientales que de la culture occidentale.
Enfin, on peut légitimement admettre que la philosophie hermétique s’attache presque exclusivement à la partie dite métaphysique (et accessoirement morale) de la philosophie profane. Elle cherche à appréhender le « noyau dur » de l’homme, et ceci hors de tout contexte social et évolutif et si possible à lui donner une discipline de lui-même (individuelle) qui lui permette de progresser sur le chemin spirituel. La philosophie profane n’a pas cet objectif. Elle reste purement intellectuelle.
3- Définition, signification et sens de la pensée hermétique, ou hermétisme. La Tradition Primordiale et la Gnose : origine et exemples d’application. Méthodes et pratiques de la philosophie occulte.
Connais-toi toi même et tu connaîtras l’univers et le monde des dieux
La philosophie hermétique est d’abord une pensée à caractère universelle et ésotérique, i.e, cachée au commun des mortels. Elle s’intéresse avant tout à l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus profond et de plus essentiel. Elle ne s’intéressent pas aux passions ordinaires qui caractérisent l’âme dans on incarnation terrestre. Elle réunit à la fois des moyens d’accès à une connaissance occulte de la nature profonde de la constitution humaine et une vision transcendante des relations de l’homme avec l’univers visible et invisible. Pour cette raison, elle porte aussi le nom de philosophie occulte. Le sens profond de cette pensée est de retrouver la véritable structure de l’être humain adamique et de préciser ses relations avec l’univers. L’homme est à la fois le milieu de l’univers et sa mesure, ou encore l’étalon divin. La Tradition primordiale sur laquelle s’appuie cette pensée révèle que l’homme terrestre est l’image d’une entité cosmique, elle même crée à l’image de Dieu (du Dieu manifesté, comme disent les hindous). La structure de l’homme vrai reflète donc celle du divin. L’homme n’est-il alors que l’ombre de Dieu ? L’homme résume-t-il l’univers dans son entier ? Cet univers est-il le corps manifesté de Dieu ? C’est dans cette perspective que la philosophie occulte ou hermétique est aussi une école de symbolisme, mais encore une médecine du corps et de l’esprit. Voilà pourquoi elle mêle intimement médecine et secret thérapeutique. Nous connaissons tous le fameux caducée (d’origine grecque) que l’on trouve en médecine (figure 2):
Celui-ci représente le secret de la vie. On le retrouve partout dans les textes sacrés de l’Inde à la Chine en passant par toutes les cultures ésotériques traditionnelles. Il est une image simplifiée de la structure occulte des énergies de l’homme. Vous le connaissez déjà. On reviendra sur cette notion en détail plus tard. Mais il existe d’autres représentations de cette réalité cachée : l’arbre Séphirothique de la Kabbale juive et plus simplement la Ménhora (candélabre hébraïque à 7 branches) qui rappelle les 7 chakras ou centre d’énergie dans les corps subtils de l’homme.
Figure 3 (arbre de vie)
Pour avoir connaissance de cette réalité, il y a plusieurs moyens que verrons bientôt. Mais avant il est utile de rappeler que les Egyptiens ont depuis longtemps formalisé et codifié ce secret par un système géométrique représentatif de cette réalité que l’on peut désigner sous le nom de géométrie sacrée. Il s’agit d’une architecture de l’Homme cosmique (symbolisé à l’origine par Pharaon, fils des dieux). La philosophie hermétique est donc l’héritière de cette géométrie où symboles, mesures et proportions révèlent à celui qui en a le courage, et la persévérence, les secrets de la structure universelle du corps humain.
On trouve dans quelques ouvrages la révélation de ces secrets, en particulier dans ceux de R.A SCHWALLER DE LUBICZ
Figures 4 et 5 (le temple dans l’homme)
Le TEMPLE DE L’HOMME
Ce qui correspond au TEMPLE DANS L’HOMME ou encore
LE TEMPLE DE SALOMON cher aux Francs Maçons
Ou encore le TEMPLE INTERIEUR
Le lien cosmique entre cette structure et celle de l’univers permet de parler
D’ARCHITECTURE NATURELLE
Figures 6, 7 et 8 cf planches hors texte
Date de création : 04/01/2008 @ 11:09
Dernière modification : 21/01/2008 @ 11:08
Catégorie : Philosophie
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