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cdim.jpgReligion & Spiritualité - Le Père Charbel et la mystique libanaise

Le phénomène religieux au sens large, peut se manifester et se développer dans de multiples directions. Nous n'allons pas répéter une énième fois les présentations habituelles, c'est pourquoi, nous avons choisi pour commencer de parler de la vie mystique du Père Charbel du Liban, pays cher à notre coeur parmi tous !

Bien que la spiritualité et la religiosité ne puissent être confondues, la mystique et le mysticisme font partie intégrante autant de l'une que de l'autre. Voici donc l'exemple remarquable de la beauté et de la puissance de la dévotion à Dieu, illustré par la vie mystique de Saint Charbel, moine maronite libanais du 19è siècle.


L’influence de la présence du Divin dans la vie des hommes à travers le témoignage mystique du Père Charbel


Le Père CHARBEL (1828 – 1898)
OU LA MYSTIQUE LIBANAISE



Beaucoup d’appelés et peu d’élus, dit Jésus à ses disciples dans les Evangiles. On trouve ces élus parmi les nombreux mystiques de tous les pays et de tous les temps. Beaucoup sont connus, comme Ste Thérèse d’Avila, St-François d’Assise (12è) ou St-Joseph de Cupertino (17è) dit le moine volant, ou plus récemment le Padre Pio, mais aussi Ramakrishna en Inde (19è) et même des laïques comme Marthe Robin(1902-1981). Dans cette grande famille des Fous de Dieu, voici l’histoire du Père CHARBEL, de son vrai nom Youssef Makhlouf, né dans la montagne libanaise en 1828 et décédé la nuit de Noël 1898 à l'âge de 70 ans dans son monastère de Mar MAROUN D'ANNAYA.
On peut dire de lui que ce fut un homme ivre de Dieu !

Il est une des figures modernes les plus lumineuses de la tradition spirituelle des chrétiens d'Orient en général et des Maronites du Liban en particulier.
Retiré du monde dans la vie monastique, il choisit assez tôt de vivre en Ermite à côté du monastère abritant l’ordre religieux auquel il appartenait.
Le miracle Charbel, les témoins musulmans : une nuit de décembre 1898, quelques jours après le décès et l'inhumation du Père Charbel, des gendarmes musulmans à cheval, accompagnant le Préfet de Région, frappent à la porte du Monastère de Mar Maroun d'Annaya. Le Frère portier va ouvrir et s’entend dire : "Nous poursuivons un criminel dans la montagne, et comme nous avons aperçu une grande lueur tout près de votre monastère, nous sommes venus ici. Qu'est-ce que cette lumière ?". Aussitôt alerté, le Père Supérieur à qui l'on a déjà rapporté ce phénomène quelques jours plus tôt s'interroge à nouveau. Comme il fait nuit et que l'extinction des feux a lieu à 9h, il déclare ne pas comprendre. Mais très vite un coup de feu se fait entendre au loin. Les gendarmes qui pensent à leur fugitif voient en fait arriver des paysans du coin qui parle d'une lueur étrange. Tout le monde s'interroge et bientôt la petite troupe se dirige vers le cimetière du monastère à quelques centaines de mètres de là. C'est alors que tous voient une belle lumière planer au-dessus d'une tombe : celle du Père Charbel, enterré là quelques jours au paravent . Mais le Préfet de Région, qui se méfie des mystères, demande quel est donc ce wali (ami de Dieu en arabe) enterré ici, et ordonne l'ouverture immédiate du tombeau. Alors le Supérieur lui rétorque que rien ne peut être fait sans l'autorisation de Sa Béatitude, Le Patriarche Maronite du Liban. C'est ainsi que commence pour les moines, le peuple libanais et le grand public l’extraordinaire aventure du Père Charbel.
Tous les soirs pendant de longues semaines, de la tombe de l'ermite (située dans le petit cimetière du monastère) émanera une lumière inexplicable. Puis un jour le Supérieur fait ouvrir le tombeau où, Ô stupeur, il découvre avec ses moines que le corps de l'ermite est intact, plusieurs mois après son décès ! C'est alors que commence une très longue série d'expertises, d'enquêtes, de déplacements du corps, de transferts, de ré-inhumation, de nouvelles exhumations, de nouvelles analyses, jusqu'à la demande en béatification à Rome du mystique. La procédure sera longue et complexe, mais finalement l'ermite sera béatifié dans les années 50 par Pie XII. Le corps de Youssef Makhlouf est resté intact pendant plus de 50 ans, suintant de manière continue, nuit et jour un liquide visqueux, qui imprégnait tout, traversant même le zinc et le béton, mélange de sang, d'huile et d'eau, que les fidèles, les pèlerins et les voyageurs, venaient chercher pour être guéris. Il y aura de très nombreuses guérisons et autres miracles, touchant des femmes, des hommes et des enfants de toutes confessions et de toutes origines. Aujourd'hui le corps a cessé de suinter, mais on peut encore acheter des petits flacons de ce liquide miraculeux dans les environs du Monastère.

Naissance et enfance : Youssef MAKHLOUF nait le 8 mai 1828 (à Biq-Kafra, le plus haut village de la montagne libanaise +1600m- / face aux fameux Cèdres du Liban) dans une famille nombreuse (maronite) et pauvre mais très pieuse, ayant déjà plusieurs moines parmi les siens (des oncles de Youssef). Il est orphelin à l'âge de 5 ans : son père enrôlé de force contre les armées turques (comme beaucoup d'autres paysans libanais de l'époque), alors qu'il n'a que 3 ans, meurt 2 ans après en rentrant à Biq-Kafra. Sa mère se remarie en 1833 avec un homme pieux qui sera ordonné prêtre quelques temps après. Le petit Joseph , très pieux lui aussi, apprend à chanter les psaumes, à lire, à écrire, à servir la messe en syriaque (langue liturgique des maronites proche de l’araméen) et à s'occuper de son petit troupeau de chèvres et de vaches. A 14 ans on l'appelle déjà le "saint" pour le taquiner.
Adolescence :     bientôt il trouve une grotte dans la montagne qui deviendra son oratoire favori. Rendant très souvent visite à ses oncles moines pour préciser sa vocation religieuse, il s’entend dire par ceux-ci :
"Quiconque veut trouver le Seigneur, vivre dans sa profonde intimité, doit d'abord rompre avec les vanités de ce monde et se recueillir en soi-même." Etre moine, c'est selon le mot grec "monachos", être et vivre seul ! C'est encore "anakhôrein" (à l'écart et se retirer) = anachorète en français. Celui qui fuit le monde pour vivre dans la solitude avec Dieu.
Noviciat : Or 1851, un jour de prière (il a alors 23 ans), une voix lui dit : "quitte tout, viens et Suis-moi ! ". Attentif à l'appel divin, il part un soir, le cœur gros pour les siens, car il part sans prévenir personne (pas même sa mère) pour le couvent Notre Dame de Mayfouq. Traversant une partie de la montagne libanaise à pied, malgré la rudesse et le froid intense, il ne se décourage pas. Mais le Malin est déjà là; le tentateur s'approchant de lui, dit : "Où va tu Youssef ? Au couvent ? Et ta mère, et tes frères et tes sœurs ? … Les as-tu oubliés ? Tout le monde t'aime bien à Biq Kafra…, Miriam surtout… Pourquoi aller stupidement ensevelir ta jeunesse dans un cloître sinistre ? On peut se sauver dans le monde… Reviens, reviens. Tous te béniront !". Une seconde ébranlé, l'athlète du Christ se ressaisit. Il appelle Dieu à son secours et se souvient des paroles de ses oncles moines : "ici tout est vain… la mort prend tout…etc…". Et Joseph n'écoutant que sa foi, continue donc son chemin ! Il finit par arriver au monastère de l'Ordre Maronite Libanais et fait sa première année de noviciat (1851-1852) sous le nom de Frère Charbel. Silencieux et opiniâtre, il s'emploie à imiter les plus parfaits et exécute toutes corvées et travaux avec obéissance. Sa mère et sa famille se déplacent espérant le récupérer, mais en vain.
Après un vote en sa faveur des supérieurs du couvent, Frère Charbel prononcera ses vœux perpétuels (obéissance, pauvreté, chasteté) en 1853 (il a 25 ans) au Monastère de St Maron d'Annaya, beaucoup plus isolé que le précédent, conscient de s'offrir à Dieu en holocauste. Il recevra sa mère comme les cloîtrés, derrière des barreaux.
(A noter que Charles de Foucault naissait la même année à Strasbourg et deviendra l'ermite du Sahara sous le nom de Frère Charles de Jésus).
Ordination : Après avoir passé quelques dures années au séminaire de Kfifan (Monastère de St-Cyprien), il est ordonné prêtre en juillet 1859 (il a 31 ans). Après quoi il repart pour le monastère de St-Maron à Annaya, où le jour de son arrivée il est accueilli par sa famille, ses amis et ses collègues. Mais il refusera à sa famille de retourner dire la messe dans son village natal.
Ermitage : Il restera dans ce monastère jusqu'à sa mort en 1898, pratiquant l'obéissance, la prière, l'adoration à la Vierge et de nombreux petits miracles domestiques. Après plusieurs demandes, il finit par obtenir l'autorisation de ses supérieurs de vivre en solitaire à l'ermitage, laissé vacant par la mort du Père Elisah. Le ciel donne un signe pour cela : le soir même où le supérieur va donner sa bénédiction après un dernier examen du dossier Charbel, ce dernier qui était allé demander de l'huile pour sa lampe à l'office, l'allume mais ne se rend pas compte que le servant malicieux avait rempli celle-ci d'eau pour lui faire une farce. Mais la lampe reste allumée ainsi toute la nuit, à la grande surprise du servant qui confus rend compte du miracle au Père supérieur (avouant du même coup sa tromperie) !
Mais le Malin est encore là : " Où vas-tu encore, Charbel, ? Dans la solitude, pourquoi faire ? N'est-ce pas par égoïsme, par lâcheté, pour échapper au service de tes frères ? (…) La vie d'ermite est très dure : abstinence, jeûne, veilles, coucher à la dure, mortification etc… Le soleil est brûlant, l'hiver glacial, tu seras seul avec ta croix. Tu perdras ton âme. Allez, rentre donc au couvent !…". Mais Charbel ne cède pas ! Il appliquera la règle de l'ermitage, instituée par les Pères et Maîtres qui l'on précédés (De Eremitis et inclusis).

Telle est brièvement résumée, la Vie de ce mystique maronite, devenu Saint de l’Eglise Catholique en 1977.



Date de création : 04/01/2008 @ 11:09
Dernière modification : 04/05/2009 @ 03:33
Catégorie : Religion & Spiritualité
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